
Pourquoi les bébés pleurent-ils ? Comprendre leurs pleurs pour mieux les apaiser
Les pleurs du bébé sont souvent source d'inquiétude pour les parents. Cet article vous aide à comprendre pourquoi un nourrisson pleure, ce que disent les connaissances scientifiques sur les pleurs, et comment l'accompagner avec douceur pour favoriser son bien-être et un attachement sécurisant.
Sophie Jobbé-Duval
6/30/20264 min read


Pourquoi les bébés pleurent-ils ? Comprendre leurs pleurs pour mieux les apaiser
Lorsqu'un bébé pleure, les émotions des parents sont souvent mises à rude épreuve. Fatigue, inquiétude, sentiment d'impuissance… Il est normal de se poser de nombreuses questions. « A-t-il mal ? A-t-il faim ? Est-ce que je vais lui donner de mauvaises habitudes si je le prends dans les bras ? »
Bonne nouvelle : aujourd'hui, les connaissances scientifiques nous permettent de mieux comprendre ce que signifient réellement les pleurs d'un bébé.
Les pleurs ne sont jamais un caprice
On entend encore parfois qu'un bébé « fait des caprices », « manipule » ou « teste ses parents ». Pourtant, les recherches sont très claires : durant les six premiers mois de vie, un bébé ne pleure jamais pour manipuler son entourage.
Son cerveau n'est tout simplement pas suffisamment mature pour élaborer une stratégie volontaire.
Lorsqu'il pleure, il exprime toujours un besoin.
Ce besoin peut être très concret :
avoir faim ;
avoir sommeil ;
avoir froid ou chaud ;
avoir besoin d'être changé.
Mais il peut également avoir besoin de quelque chose de tout aussi essentiel :
être rassuré ;
retrouver la proximité d'un adulte ;
être bercé ;
recevoir un câlin ;
retrouver un sentiment de sécurité.
Son pleur est avant tout un signal de détresse qui appelle la présence protectrice de l'adulte.
Les pleurs ne sont pas un langage volontaire
On lit encore parfois que « les pleurs sont le langage du bébé ».
Cette formulation est en réalité inexacte.
Le mot langage suppose une intention de communiquer de manière volontaire. Or, le jeune nourrisson ne choisit pas de pleurer.
Ses pleurs sont déclenchés automatiquement par des structures cérébrales très primitives, impliquées dans la survie. Ils ne dépendent pas du cortex, qui permet les actions volontaires et réfléchies.
Autrement dit, un bébé ne décide pas de pleurer : son cerveau déclenche le pleur parce qu'il ressent un inconfort, un stress ou un besoin auquel il ne peut répondre seul.
Pourquoi un bébé pleure-t-il ?
Les pleurs remplissent plusieurs fonctions essentielles.
Répondre à un besoin
Le bébé peut avoir faim, sommeil, être inconfortable, avoir besoin d'être changé ou tout simplement de retrouver les bras rassurants de son parent.
Créer et renforcer le lien d'attachement
Les pleurs ont aussi pour fonction d'attirer l'attention de l'adulte afin qu'il vienne prendre soin du bébé.
En répondant régulièrement à ses pleurs, le parent construit progressivement chez son enfant un sentiment de sécurité intérieure. Le bébé apprend alors qu'il peut compter sur les adultes qui prennent soin de lui.
C'est ainsi que se construit un attachement sécure.
Réguler son stress et ses émotions
Le système nerveux du nourrisson est encore immature.
Il ne sait pas encore réguler seul ses émotions, ni faire redescendre son niveau de stress.
Plus un bébé est jeune, plus cette régulation passe par le corps et par la présence d'un adulte.
Être porté, bercé, câliné ou simplement sentir la présence rassurante de son parent aide son système nerveux à retrouver un état d'apaisement.
Un pic de pleurs vers six semaines : c'est normal
Beaucoup de parents s'inquiètent lorsque leur bébé semble pleurer davantage vers un mois et demi.
Pourtant, ce phénomène est parfaitement connu.
Dans toutes les cultures étudiées à travers le monde, on observe un pic de pleurs autour de l'âge de six semaines.
Cette augmentation est donc universelle et fait partie du développement normal du nourrisson.
Ces pleurs diminuent ensuite progressivement au fil des semaines.
Comment accompagner les pleurs de son bébé ?
La première étape consiste bien sûr à vérifier ses besoins essentiels : faim, sommeil, couche, température, douleur éventuelle…
Mais lorsque tout semble aller bien, il est très fréquent que le bébé ait simplement besoin d'être réconforté.
Dans ce cas, plusieurs gestes peuvent l'aider :
le prendre dans les bras ;
le porter en écharpe ou contre soi ;
pratiquer le peau à peau ;
le bercer doucement ;
marcher avec lui ;
le promener ;
le porter à plat ventre sur votre avant-bras si cette position l'apaise.
Le contact physique est un formidable régulateur du stress.
Il ne crée pas de dépendance : il répond à un besoin biologique fondamental.
Consoler ne signifie pas forcément faire cesser les pleurs
Comme le rappelle le psychologue Éric Binet :
« Consoler un enfant n'implique pas forcément de faire cesser ses pleurs, mais de lui accorder de l'attention et de soulager ses tensions. »
L'objectif n'est donc pas d'arrêter coûte que coûte les pleurs, mais d'accompagner le bébé dans ce qu'il traverse.
Peut-on laisser un bébé pleurer dans nos bras ?
La psychologue Aleta Solter explique que certains pleurs peuvent participer à la décharge émotionnelle du bébé, à condition qu'ils soient pleinement accompagnés.
Il ne s'agit jamais de laisser pleurer seul un nourrisson.
Au contraire, on reste présent, disponible et rassurant.
On peut lui parler doucement :
"Je suis là avec toi. Tu peux pleurer si tu en as besoin. Je reste près de toi."
On peut également lui caresser délicatement le visage, les bras ou le dos afin qu'il sente notre présence.
Selon Aleta Solter, un bébé accompagné avec douceur pendant ses pleurs se sent en sécurité. Il peut alors évacuer ses tensions tout en restant connecté à son parent.
Un pleur accompagné peut ainsi devenir un pleur apaisant.
Quelques lectures recommandées
Éric Binet – Les pleurs de la petite enfance : une question d'attachement ? (Elsevier Masson, 2014).
Aleta Solter – Pleurs et colères des enfants et des bébés (Éditions Jouvence).
Héloïse Junier – Les pleurs des bébés : un grand malentendu, article publié dans Le Cercle Psy et disponible sur son blog.
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